Le photographe de mariage Luther Hartog sait, comme aucun autre, capturer une journée unique d'une manière originale. Depuis des années, il crée des images exceptionnelles de couple de mariés, de leur lieu de mariage et de leurs invités. Ses photos transmettent toujours la beauté et l'atmosphère de ces événements, c'est d’ailleurs pourquoi il a remporté plusieurs prix. Il nous explique sa passion et sa façon de travailler.

Pourriez-vous nous parler un peu de vous ?
J'aime toujours citer les mots de ma femme : « Tout ce qu’il éprouve est si réel et si pur. Il ressent les choses avec toutes les fibres de son être. Ses émotions sont très profondes. Il passe du bonheur intense à un enthousiasme fougueux, il peut être incroyablement ouvert et spontané ou révolté à l’extrême. Il peut parfois être intensément triste à certains moments, mais reste toujours optimiste et résilient. Luther vit vraiment chaque instant, au jour le jour.

Il peut apparaître profondément ému par certaines choses qu'il aura vécues au cours de la journée : une bonne musique, une belle photo, une injustice, des moments spontanés et drôles, un bon repas, un bon vin, un bon film ou une rencontre fortuite. Nous avons tous deux le même style d'humour. Il nous est déjà arrivé de jouer les idiots tous les deux et d’en rire pendant des heures. Cela nous permet de nous détendre énormément et de nous soucier de rien. »

Luther Hartog

Depuis combien de temps êtes-vous photographe et quels furent vos débuts ?
J'ai commencé à photographier il y a longtemps, alors que je faisais mes études en Technologie des Médias. J'étais surtout intéressé par l'imagerie, et la photographie est un excellent moyen pour y accéder.

Quel est votre style de photographie ?
D’après ce que m’en disent les gens, mes images dégagent une impression de justesse. Elles respirent la paix, mais il arrive aussi qu’elles transposent certaines émotions chez certaines personnes. J'adore le contraste, les ambiances nostalgiques, les silhouettes et les couleurs (sachant que je considère le noir et blanc comme une couleur aussi). Je suis finalement un photographe assez détendu, créatif et ouvert aux histoires.

Comment décririez-vous une journée de travail typique ?
D'avril à octobre, je me lève tôt chaque jour et je passe d’un mariage à l’autre mariage. Ma vie sociale est réduite à zéro pendant ces mois-là. Les vendredis et samedis, je suis les mariés pour photographier la cérémonie et, les jours qui suivent, je sélectionne les meilleures photos et les retouche. De plus, gérer sa propre entreprise est un boulot à plein temps. Heureusement, ma femme gère la majeure partie de mon marketing et réalise mes albums de mariage.

Quels sont vos défis en tant que photographe ?
De parvenir à raconter l'histoire de cette journée très spéciale aussi sincèrement et de manière aussi créative que possible, et cela pour chaque mariage.

Quel matériel photo utilisez-vous en général ?
J'utilise deux Nikon D750. L'un possède toujours un objectif 35 mm car je suis vraiment attaché à celui-là. C'est l'objectif qui capture ce que je vois. Sur l'autre Nikon, j'utilise différents objectifs (24 mm, 50 mm ou 70-200 mm).

Luther Hartog

De quelle photo êtes-vous le plus fier et pour quelle raison ?
Oh, le choix est si difficile ... ah-ah. Là tout de suite, je dirais cette photo ci-dessous. Non pas parce qu'elle m'a permis d’être nominé pour le BFFA (vous pouvez d’ailleurs lui attribuer votre vote sur www.bffa.nl), mais surtout parce que l'histoire cachée derrière en raconte long sur la façon dont je travaille en tant que photographe de mariage. Voyez plutôt :

Ça s'est passé dans ma propre ville, la magnifique Amersfoort. Les invités et moi attendions l’arrivée en grande pompe du couple de mariés à la mairie. Jusqu'à présent, rien de vraiment sensationnel qui vous ferait vous exclamer : « Ouah, Luther, c'est vraiment exceptionnel ! »

Bon, pas vraiment. Jusqu'à ce qu'un camion décoré pour l’occasion s'arrête devant moi. Le conducteur descendit la vitre et m’apostropha avec cette question à laquelle je m’attendais tant : « Vous montez avec moi ? » Ce n'était pas un simple camion, mais une nacelle élévatrice dont on se sert pour la cueillette des cerises. Le conducteur s’appelait Rupert.

Je n'ai pas hésité une seconde et me suis installé dans la nacelle avec l’aide précieuse de Rupert qui m’aida à y monter. Mais hélas, nous étions trop lourds à deux dans la nacelle. Ce n'était pas ma faute, bien sûr, ah-ah. Rupert semblait aimer un peu trop la bière. Pendant une seconde, j’ai pensé que c'en était fini de notre aventure, mais Rupert, avec son esprit pratique, me donna un cours éclair sur « le fonctionnement d’une nacelle élévatrice ». En un rien de temps, je me retrouvais à 20 mètres du sol. La foule continua à m’encourager : « Plus haut, plus haut ! » Mais je pensais qu'il était grand temps de prendre la photo parfaite de là-haut maintenant.

Le couple de mariés sortit alors de la voiture des mariés. Mais le voile de la mariée resta coincé dans la portière de la voiture. Deux amies se précipitèrent pour décoincer la robe de la mariée. Et clic ! Je n’ai pas pu m’empêcher. Pourquoi cette photo en dit-elle long sur la façon dont je travaille ? Elle démontre surtout les risques que je suis capable de prendre pour être proche de l'action et immortaliser l'instant présent. Si jamais je m’aperçois que j’ai la chance de faire une photo tout à fait inhabituelle, alors je la saisis.

Nous sommes très curieux de connaître l’expérience de photographie la plus belle que vous n’ayez jamais eue. Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?
Il y a deux ans, je photographiais un mariage en Afrique du Sud, la population là-bas est si chaleureuse et accueillante. Je faisais vraiment partie du groupe des invités. C’était tellement génial. Encore plus important que de gagner l'un de ces prix remis pour récompenser la photographie de mariage.

Luther Hartog

Qui ou quelle est votre source d'inspiration en photographie ?
Josef Koudelka principalement. Mis à part lui, je m'inspire de la musique (Radiohead, Sufjan Stevens), des films (Donnie Darko, There Will Be Blood) et des émissions de télévision (Stranger Things, Westworld).

Avez-vous des conseils pour les photographes débutants ? Quelles sont les choses à faire et à ne pas faire ?
Ce qui me semble le plus important, c'est de trouver votre propre style. Ça sonne un peu comme un cliché, mais il y a tellement de photographes de mariage qui se tournent vers leurs collègues pour en tirer de l'inspiration, et je ne pense pas que cela vous rende très heureux au final. C'est pourquoi il faut toujours trouver un bon mentor, toujours là pour vous et pour vous épauler dans votre évolution, et qui vous amènera à découvrir ce qui est important pour vous et votre photographie.